galerie les Chantiers Boite Noire

expositions

Nina Roussière / Claire Malrieux

Nina Roussière | Economie vibratoire

du 12.05.2015 au 04.07.2015

 

 

 

Nina Roussière

Selon une entrée extrêmement rigoureuse l’artiste met en perspective le langage (son histoire, la densité élastique de l’évolution des glyphes de l’origine au numérique), les tracés exécutés se traduisent à l’écran en signaux numériques.

Nina produit en quelque sorte le squelette d’un univers sans temporalité. Il y a un processus d’émergence. Les formes sont mouvantes et fécondes entre elles, les algorithmes les relient selon des directions imposées, afin de fixer une mutation ; car elle aime à croire que sous la surface, les objets, les événements sont tissés entre eux. Les constellations ainsi créées sont imprimées, et par moment véritablement absorbées par l’espace restreint de la machine (une imprimante). L’artiste engage alors une lutte contre le rythme mécanique, il faut lâcher prise, faire pression, en contrarier le déroulement, pour obtenir une tranche de vie, la sienne. Le corps est là, dans la pression qu’il fait subir à la machine. De cet «échec » surgit la grâce, l’oubli de soi. Mais aussi une forme imprévue et unique qui marque le dessin.

Puis, l’artiste redonne une matérialité à ce qui a disparu, en traçant directement au fusain sur la sortie numérique, la perception qu’elle a du glyphe. A la recherche de la « forme pure », c’est un geste qui lui permet de se situer dans le dessin. Elle écrase le charbon sur le papier, y souffle un coup de vent, offre un mouvement. L’action est perceptible. La trace manuelle marque un instant, un présent furtif.

Source de fascination et de réflexions métaphysiques, les oeuvres de Nina Roussière nous projettent dans un univers intemporel où dialoguent corps subtils et signaux numériques alimentant un métalangage singulier qui nous invite à observer les vibrations infinies du dessin.

 

 

  

Claire Malrieux

Economie vibratoire est un projet qui s'inscrit dans la continuité des recherches de l’artiste sur le dessin lorsqu'il est mis en relation avec les nouveaux modes de conception des formes, numériques, paramétriques et algorithmiques. 

L'extension du champ du dessin par l'association des sciences et des arts, dans une approche multi-disciplinaire et multi - technologique  donne lieu à des dessins de plus en plus vivants et évolutifs qui sont à même de rendre compte de la complexité contemporaine. Soumis aux technologies informatiques, par des programmes et des algorithmes, le dessin n'est pas seulement mis sous conditions par le calcul mathématique. Soumis aux algorithmes, le dessin est informé; Il s'apparente à un écosystème dans lequel se mêlent différents espaces sur plusieurs plans et devient un phénomène dynamique de mise en commun où l'équilibre du dessin n'est plus que visuel mais structurel. 

Si l économie repose désormais sur une abstraction dont le flux d information et la rapidité d exécution dépasse l' entendement humain, elle nous positionne sur une  relation conceptuelle à ce qu' elle représente et à notre rôle à jouer dans un écosystème dans lequel l' invisibilité est un des fondement.

C'est cette même invisibilité que nous retrouvons dans les théories quantique de Grigori Grabovoï, qui pose sa théorie de gouvernance de l'univers sur le pouvoir de transport de l' information par un niveau de conscience collectif et l'utilisation de combinaison chiffrées dont le niveaux de fréquence se jouerait de manière vibratoire et invisible également.

 

Dans cette logique, le projet de Claire Malrieux s'attache à mettre en évidence le récit d'un temps où nous assistons à une véritable dépossession du pouvoir des hommes à contrôler et à réguler le flux des échanges économiques et financiers ultra rapides (flash trading) qui sont décidés par des algorithmes.