galerie les Chantiers Boite Noire

expositions

Benchamma/Biasutto

Abdelkader Benchamma | Entre(ux) deux

du 01.04.2006 au 13.05.2006

 

 
 

 

 

 

Entre(ux) deux

Deux artistes entre deux mondes et entre eux un espace, lieu d'échanges et de confrontation dans lequel le spectateur en mouvement s'interroge plongé dans une zone intermédiaire étrange, à la fois interstice entre deux expressions formelles pas toujours si éloignées et frontière entre fictions et réalité, entre réalisme et onirisme.

Les photographies d'Aline Biasutto offrent au regard autant de portraits différents. Défauts et imperfections de sujets, profondément humains et charnels jusque dans la matière photographique y côtoient des visages éthérés, plus proches de l'icône que du modèle vivant. Rêveurs romantiques, gisants, mutants, morts vivants appellent du regard et l'on plonge dans une réalité virtuelle. Avec une palette chromatique et un rendu des matières très pictural, des lignes épurées proches du dessin, Aline Biasutto construit des images inspirées d'un vocabulaire qui emprunte autant à la mystique religieuse qu'à l'iconographie du cinéma fantastique.

Le fantastique, l'insolite et l'étrange habitent les scènes d'Abdelkader Benchamma. Cadrages serrés ou plans plus larges l'artiste compose autour de ses personnages des scènes improbables et pourtant familières. Des corps s'agrippent, s'accrochent, luttent ou s'abandonnent. Anonymes, ils évoquent parfois Orphée traversant le miroir ou Mandrake le magicien qui trouble le jeu en soustrayant au regard formes et figures. Ne pas se fier aux apparences, aller au-delà des formes et de la réalité des corps, Abdelkader Benchamma se joue lui aussi des matières animales (poils, fourrures), végétales (feuilles, écorces), minérales ou charnelles et fait basculer le spectateur d'un monde à l'autre. Le dessin mural réalisé par l'artiste, tel le magma originel, symbolise à lui seul cette errance entre deux mondes, ce passage entre deux réalités, deux sensibilités.